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Alfa Romeo Giulia Spider 1600

Nous avons acheté cette Alfa Romeo Giulia Spider 1600 auprès d’un collectionneur réputé d’Alfa Romeo. Réussir à la ramener jusqu’à notre atelier a été une telle épreuve que notre passion pour les voitures de collection est presque passée au second plan.

Couleur Bianco Pininfarina, intérieur en similicuir rouge, capote noire, couvre-capote en cuir rouge, moquette rouge. Moteur, boîte de vitesses et freins conformes à l’origine. Plaques d’immatriculation noires carrées et livret d’immatriculation à pages. Année de fabrication : 1962.

La voiture avait récemment bénéficié d’une restauration mécanique et d’une remise en état de la carrosserie et de l’intérieur. La carrosserie avait été mise à nu, jusqu’à la tôle, puis entièrement repeinte. La mécanique avait également été entièrement révisée, mais pas par un professionnel spécialisé ni par quelqu’un ayant de l’expérience sur ce type de véhicule. Je peux l’affirmer au vu de certains détails qui se sont révélés problématiques lors des essais routiers effectués après l’arrivée de la voiture dans notre atelier.

Je tiens à préciser que le collectionneur qui nous a vendu cette Giulia Spider n’avait pas réalisé lui-même la restauration : il avait acheté la voiture dans l’état dans lequel nous l’avons découverte. Il ignorait totalement certains problèmes révélés lors de nos essais. Âgé de plus de 80 ans et souffrant de problèmes de santé, l’ancien propriétaire n’avait pas pu conduire la voiture, ne serait-ce que sur un kilomètre. Il avait donc décidé de la revendre dans l’état où il l’avait lui-même achetée.

Toujours est-il qu’une fois le moteur arrivé à température, celui-ci devenait bruyant et de fortes vibrations se faisaient sentir. Cela nous a inquiétés et nous avons décidé de l’ouvrir afin d’identifier l’origine du problème.

Après avoir démonté le carter d’huile, nous avons accédé aux bielles. Une fois celles-ci déposées, nous avons examiné les coussinets et constaté que leur couche de métal antifriction était complètement usée. Nous avons répété l’opération sur toutes les autres bielles et obtenu le même résultat.

Nous avons alors décidé de déposer le moteur et de le démonter entièrement afin de vérifier si les coussinets des paliers du vilebrequin avaient subi le même traitement. Heureusement, nous n’avons pas constaté d’usure excessive à ce niveau. La situation nous laissait néanmoins perplexes : les parois intérieures du moteur étaient propres, l’huile était neuve et rien ne laissait penser que le moteur avait parcouru une grande distance.

La question demeurait donc entière : pourquoi les coussinets de bielle étaient-ils aussi fortement usés alors que la voiture avait peu roulé depuis sa restauration ?

En dévissant l’un des bouchons hexagonaux situés sur la culasse, nous avons découvert des résidus granuleux, semblables à du sable ou à des particules de fer. Dans les logements des coussinets, des traces indiquaient que l’intérieur du moteur avait été soumis à un sablage.

Nous avions enfin identifié l’origine du problème. Nous avons alors confié le moteur à un atelier de rectification pour effectuer tous les contrôles et toutes les mesures nécessaires.

Le vilebrequin était intact, mais nécessitait une seconde rectification. Les pistons, les chemises et les bielles étaient pratiquement neufs, tout comme les chaînes de distribution et les segments de piston. Nous avons donc remplacé les coussinets et fait réaléser les paliers, le vilebrequin et les coussinets afin d’obtenir un alignement parfait.

Ayant retrouvé un jeu de joints moteur neufs et d’origine, nous avons procédé au remontage de l’ensemble.

Un équilibrage minutieux du vilebrequin, du volant moteur et de l’arbre de transmission a également été nécessaire afin de garantir un fonctionnement régulier, sans vibrations ni déséquilibres.

Nous avons effectué le même travail sur la boîte de vitesses, en remplaçant tous les roulements, les joints à lèvres et les joints d’étanchéité, car un bruit de frottement se faisait entendre lorsque la voiture était au point mort.

Une fois les organes mécaniques remontés à leur place, nous avons effectué un essai routier. Celui-ci a révélé la nécessité de rehausser les suspensions avant et d’abaisser les suspensions arrière : la hauteur de caisse était mal répartie, la voiture étant trop basse à l’avant et trop haute à l’arrière.

Après avoir retiré des cales placées sur les ressorts pour une raison inconnue, nous avons rétabli une assiette correcte et équilibrée.

Pour finir, nous avons contrôlé le réglage de la géométrie des roues. Les freins avant étaient partiellement grippés après plusieurs mois d’immobilisation dans un garage. Un contrôle général a également été nécessaire pour reprendre de nombreux petits éléments qui avaient été fixés avec trop de légèreté et provoquaient des vibrations pendant la conduite.

Option : volant en bois Nardi d’origine, fabriqué en 1964.

La voiture est disponible dans notre atelier et carrosserie Cacciani Restauro Auto d’Epoca, à Cupramontana. Vous pouvez venir la voir et l’essayer sur route.